Une année à tomates

Cette année, j’étais décidée à ne pas rater mes plantations de tomates. Notre jardin est tout petit, la maison étant grande avec pleins d’espaces ateliers, située en ville, forcément les espaces extérieurs en ont pâtit. Il n’est pas très bien situé (nord / nord-est, à l’arrière des ateliers, l’avantage c’est que j’ai une vue sur le jardin) et ne reçoit pas un grand soleil toute la journée. II a tendance à rester humide quand il a plu, l’hiver il devient très humide bref, des conditions qui ne sont pas idéales pour y planter des tomates. Et pourtant c’est la seule plantation que je trouve réellement intéressante dans un jardin. Je ne sais pas si vous êtes d’accord, mais les autres légumes d’été n’ont pas une aussi grande différence de saveur entre ceux que l’on achète sur le marché et ceux dans notre jardin (courgettes par exemple). Et les prix des tomates aux variétés anciennes reste quand même plus cher, alors que le kilo de courgette en pleine saison baisse pas mal.

Dans mon « autre » travail, j’ai parfois l’occasion de travailler avec l’institut de l’agriculture biologique, et je connais bien un des experts, qui a (comme moi) une double activité, mais liée à ses compétences d’ingénieur agronome (alors que moi je fais le grand écart entre activité scientifique et artistique). Il est auteur de livres autour du jardin, des cultures, du sol, il a un superbe et immense jardin dans le sud de la France qu’il utilise pour ses livres chez Terre Vivante… Il a écrit entre autres un livre sur la culture de tomates. J’ai donc suivi scrupuleusement tous ses conseils. J’ai notamment paillé mes tomates en deux fois, je suis allée chercher de la paille chez un agriculteur bio de ma commune (trouvé sur les pages jaunes). Je crois que c’était vraiment le truc en plus. Je n’ai jamais arrosé mes tomates cette année, et elles n’ont pas été malades du tout.

Ma récolte a été beaucoup plus importante que les autres années, j’avais planté une 15 aine de plants de plusieurs variétés (un collègue m’avait donné les jeunes plants). Du coup, j’ai eu envie d’aller plus loin pour l’année prochaine et de faire moi même mes semences. J’ai récolté les graines dans des tomates mûres et réalisé des jolis sachets pour les ranger avec un tampon étiquette / tomate. J’espère arriver à les faire germer, j’aimerais aussi mettre plus de plants et des variétés encore différentes. J’ai adoré la variété « green zebra », quand elle est bien mûre, la tomate est légèrement acidulée mais avec beaucoup de goût. J’ai du mal à convaincre mon plus jeune fils d’aimer les tomates, je lui ai fait goûter une variété « ananas » (jaune et sucrée achetée dans le commerce), et l’an prochain j’ai l’intention d’en planter avec d’autres variétés très douces et sucrées comme « striped german » « oxheart striped » ou « coyote ». Blaise m’a envoyé des graines à tester, après lui avoir demandé des conseils de variétés.

J’ai fait pour l’occasion un tampon pour faire de jolis sachets de graines. Les sachets ont été chinés, je n’en ai pas beaucoup. Mais si vous le souhaitez je peux faire des lots de 8 sachets en kraft. Contactez moi si cela vous intéresse. J’envisage d’en mettre en boutique mais je manque de temps pour le faire rapidement.

 

 

 

Pour enlever facilement le mucilage autour des graines, il faut les faire tremper quelques jours dans de l’eau, jusqu’à apparition d’un fil blanchâtre, sans aller jusqu’à laisser pourrir, ce film, signe de début de décomposition de la matière végétale. Ensuite on verse ce mélange dans un bol avec un rajout d’eau, battage au fouet et rinçage à grande eau dans un chinois à maille fine, les graines sont prête à être séchées sur un morceau de papier absorbant.

 

 

 

 

Une gravure inspirée de l’art populaire russe

Dans le tour des pays et des beautés de l’art populaire, il y a les jouets Dymkovo, figurines en argiles de la ville de Dymkovo en Russie, qui me tentaient beaucoup.

J’ai donc dessiné ces figurines en simplifiant le trait pour les agencer sur une grande plaque de lino A3. Comme pour l’arbre de vie mexicain, seuls les contours ont été gravés puis encrés et imprimés avec la presse, les couleurs ont été rajoutée ensuite après séchage, avec des tampons en gomme de formes rondes de différentes tailles.

J’ai fait des tests avec de la gouache dans les figurines, j’ai utilisé une encre à l’huile pour qu’elle ne se dilue pas à l’eau, mais je n’ai pas trop aimé le rendu, je ne vous montre donc que le résultat avec les tampons en trois couleurs vives.

La gravure est disponible en boutique. J’ai prévu de réaliser aussi des tampons à partir des formes dessinées, dès que je trouve un peu de temps…

A bientôt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prochain atelier gravure de tampons à Paris JUNKU

Hello, je vous propose à nouveau plusieurs sessions d’ateliers de gravure de tampons à Paris avec HINODEWASHI, dans la librairie japonaise JUNKU à la fin de ce mois, les vendredi 27 et samedi 28 octobre. Quelques jours avant Halloween, j’ai trouvé intéressant d’utiliser cette date comme thématique de l’atelier. Bien entendu, Halloween n’est pas une fête japonaise, mais au japon, l’univers des fantômes et des esprits est très présent dans la culture. Ils sont issus des contes et légendes traditionnels et on les appelle les « Yôkai ».

Ils sont représentés dans de très anciennes estampes, jusqu’aux mangas et films d’aujourd’hui. Les Pokemons en dérivent, ainsi que pas mal de personnages dans les films de Miyasaki.

Je vous en parlerai un peu lors de l’atelier, c’est assez amusant, comme ils sont présents un peu partout et j’imagine encore même dans la jeune culture. Le Japon est beaucoup moins fermé que notre culture pour tout cet univers fantastique et onirique. C’est une facette de ce pays qui me plaît beaucoup.

Je propose à nouveau 2 sessions d’atelier, initiation et perfectionnement. Attention, en perfectionnement, on attaque aussi la gravure de gommes au cutter de précision. La fois précédente, certaines participantes lors de l’atelier perfectionnement n’y avaient jamais touché, ce n’est pas insurmontable, mais c’est à savoir.

Si vous vous inscrivez et que vous doutez de venir, sachez qu’il y a chaque fois une liste d’attente de personnes qui aimeraient être prévenues de désistements au moins 2-3 jours à l’avance pour s’organiser. Et lors de chaque session, l’atelier n’était pas rempli au grand dam de ces personnes en liste d’attente ! Merci de votre attention à bien être sûrs d’être présent(e)s si vous vous inscrivez, sauf cas exceptionnel (cause familiale ou autre impossible à prévoir le jour même).

Les modalités d’inscriptions sont dans l’affiche ci-dessous, si vous passez par ici, et que vous vous inscrivez à la librairie, pourriez vous me l’indiquer par mail ensuite ? Je pourrais faire une petite enquête sur les pratiques de gravure au préalable, merci 🙂

 

 

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Avant / Après, le relooking de mon enfilade vintage

Enfin, oui 4 ans après avoir acheté ce meuble années 60, cette belle enfilade vintage je me suis attelée à sa rénovation et relooking. J’avais acheté le meuble sur le bon coin, pour un prix vraiment dérisoire. Il y avait des petites zones où le placage se défaisait. J’ai recollé et bouché avec un peu de pâte à bois, l’idée était de peindre sur ces parties. Le bois avait été ciré et le jour où nous avions été le chercher il pleuvait beaucoup, de fines taches blanches étaient restées en souvenir… J’ai poncé toutes les parties et verni avec un vernis mat profond transparent pour garder le côté brut du bois.

J’ai réfléchi longtemps aux couleurs et formes à peindre, il y a beaucoup d’exemples sur Pinterest, mais aucune ne me plaisait. J’avais envie d’une touche de doré et du bleu. En début d’année, à fond dans les motifs art déco j’avais l’idée de motifs art déco et puis je me suis dit que ça n’irait pas avec le style de la pièce, où se côtoient des styles divers, art tribal, africain, polynésien, aborigène, des tableaux divers et colorés. j’ai fait beaucoup d’essais couleurs, des bleus turquoise (trop fade), des verts (trop de vert dans la maison), des rouges (trop vif), bleu foncé (pas assez flashy)…

Je voulais aussi laisser apparentes les zones de placages en biais, je trouve qu’elles font l’originalité du meuble. Bref peu à peu l’idée de jouer sur les lignes en biais, avec des triangles m’est apparue comme la bonne idée. Le temps de la laisser encore murir quelques mois pour être sûre qu’elle serait la bonne (hum c’est la bonne excuse pour avoir attendu autant). J’ai fait quelques essais de couleurs et formes sur photoshop à partir d’une photo du meuble et le projet était prêt à démarrer. J’ai cherché durant des mois des poignées rectangulaires dorées, je voulais ça et rien d’autre ! J’ai fini par en acheter des argentées que j’ai peintes moi-même avec une laque spécial métal.

Voici le résultat des différentes étapes, ça valait la peine d’attendre, j’adore mon meuble, il a ce côté art-déco, en même temps moderne avec les formes et le bleu vif. Les formes triangulaires font écho aux objets ethniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

En résumé l’avant / après de cette rénovation – relooking

La jungle tropicale en tampons pour le musée de Nantes

Dans les très belles commandes de ces derniers temps, j’ai eu la chance de travailler avec le musée d’histoire de Nantes. Durant tout l’été une exposition intitulée « Les esprits l’or et le chaman » est présentée au château des Ducs de Bretagne. L’exposition présente plus de 220 objets en or fascinants, issus des collections du prestigieux Musée de l’Or de Colombie, et montre comment les sociétés précolombiennes (1000 av. JC – 1500 ap. JC) ont envisagé la mort et le destin des âmes. L’exposition éclaire sur le rôle essentiel joué par le Chaman : un intermédiaire entre les hommes et la nature et qui, métamorphosé en animal, « vole » vers l’au-delà. Elle livre ainsi une réflexion universelle sur le thème de la transformation et de l’identité. (j’ai recopié le pitch de l’expo)

Lors de cette exposition très riche en symboles, les enfants peuvent réaliser des ateliers. C’est dans le cadre de ces ateliers que j’ai réalisé une 20aine de tampons, sur le thème de la jungle tropicale colombienne. Ces tampons serviront pour faire des paysages de forêt tropicale à colorier. Les participants de l’atelier, placeront les tampons avant de les colorier et d’installer le jaguar symbolique dans cette forêt. Le thème du chaman, de la métamorphose sont ainsi traités de façon ludique dans les ateliers.

J’ai d’abord travaillé à chercher les végétaux représentatifs de la forêt tropicale humide, caractérisée par 3 strates végétales. J’ai retrouvé le plaisir de mes cours de biologie forestière durant cette phase de recherche 🙂

Ensuite à partir de dessins réalisés de façon synthétique (de sorte d’avoir un contour à colorier), j’ai déterminé des choix de tampons. Des grands arbres pour ceux de la canopée, ensuite la strate inférieure avec les grandes fougères arborescentes, palmiers, et enfin les végétaux de sols, avec leurs larges feuilles pour absorber le maximum de lumière, car il fait bien sombre et humide au cœur de cette forêt mystérieuse. Les fleurs sont également très présentes, les orchidées, balisiers, et la fleur de rafflésia, fleur la plus grande au monde, magnifique rouge, rouge-brun unique. Tous ces tampons peuvent être utilisés en mélange pour s’amuser à construire un beau paysage.

Les tampons sont présentés dans une boîte en bois, décorée et vernie. Je devrais recevoir des photos des ateliers, et j’ai également très envie de visiter cette magnifique exposition, je vous en reparlerai sûrement cet été.

 

 

 

 

 

Quelques exemples de compositions à tamponner pour colorier ensuite

L’exposition

Petit bonus, j’ai également réalisé les emblèmes du musée lors de cette commande, emblèmes de Anne de Bretagne avec le symbole de l’hermine, et de Louis XII avec le porc-épic comme symbole.

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Des impressions textiles pour réaliser de jolis torchons en coton

Cette semaine, j’ai enfin trouvé le temps de réaliser des torchons en coton imprimés de motifs colorés. J’en avais déjà réalisé pour un marché de créateurs au mois de mars, ils étaient vite partis, mais je n’avais pas trouvé le temps d’en refaire pour la boutique. C’est chose faite. J’ai utilisé à nouveau de beaux draps anciens en coton assez épais de belle qualité. Ils sont bien blanc et ont une tenue parfaite pour essuyer des verres ou de la vaisselle. L’ancienneté du coton lui donne une tenue parfaite.

Les impressions sont réalisées avec des encres non toxiques, qui ont été fixées à chaud et peuvent même tenir des lavages à haute température, j’ai testé pour vous. J’utilise mes torchons depuis longtemps, ils ne bougent pas.

Ils sont disponibles en boutique, attention le stock n’est pas immense et je ne pense pas pouvoir en refaire avant un moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mix de tampons et de linogravure pour ma nouvelle création

Explorant les différents arts populaires folkloriques du monde, on ne peut pas passer à côté des magnifiques céramiques mexicaines représentant les arbres de vie. J’avais dans un coin de mon esprit l’envie de me mettre à la réalisation de ce projet en gravure, mais le challenge des couleurs multiples spécifiques de cet art populaire me freinait pas mal pour réaliser cette complexité en gravure. J’ai donc laissé cela de côté tout en y réfléchissant régulièrement. La dernière gravure des figurines Hariko avait nécessité 4 plaques à graver différentes, et le travail ne m’arrêterait pas si je n’avais pas que 2-3 jours à l’atelier pour créer par semaine.

J’aime avoir des projets multiples en tête, ils se déposent tranquillement dans le fil de mes idées, ils déterminent mes recherches durant parfois des semaines ou mois, et je laisse décanter tout cela avant de laisser l’ébauche d’un projet plus concret et plus personnel arriver jusqu’à moi. L’idée s’est finalement concrétisée ce week-end, d’un coup j’avais l’envie de ne faire qu’une plaque de gravure et d’y ajouter la couleur avec des tampons à l’intérieur d’un motif principal. J’ai gravé les formes dans de la gomme japonaise Hinodewashi, comme elle est épaisse je n’ai pas eu besoin de monter les gommes sur le bois.

Avant de vous montrer les différentes étapes de cette nouvelle gravure, j’ai envie de vous parler un tout petit peu de ce qu’est l’arbre de vie, de partager mes références d’inspiration. J’aime aussi expliquer un peu les choses, je ne m’étends pas trop, mais je trouve toujours intéressant d’accompagner une image de son histoire. C’est d’ailleurs pour cela que l’art populaire me plait autant, car il raconte des histoires et des gens.

L’arbre de vie dans l’art populaire mexicain, c’est un chandelier en poterie qui symbolise le plus souvent l’arbre de vie biblique avec Adam et Eve ainsi que le serpent tentateur. Il est plus ou moins orné de personnages, le pilier représente souvent l’archange Gabriel. Mais dans l’histoire du Mexique, on retrouve également des céramiques Olmèques (ou autres cultures pré colombiennes) représentant des arbres portant des oiseaux. Les différentes branches symbolisent les points cardinaux, et les oiseaux les âmes descendant vers la terre lors de la création du monde. C’est donc une histoire culturelle et historique riche qui porte la représentation de l’arbre de vie dans l’art populaire mexicain. Durant de longues décennies, chaque couple recevait un arbre de vie lors de son mariage, cela devait leur assurer chance, prospérité et fertilité.

L’art populaire évoluant avec la société, aujourd’hui la représentation de l’arbre de vie a considérablement évolué, les arbres se sont transformés peu à peu, perdant parfois les symboles religieux ou cosmogoniques pour devenir des objets décoratifs voire artistiques.

Je n’ai donc pas souhaité symboliser de religion mais plutôt une forme simple folklorique dans ma version de l’arbre de vie. Il porte des figurines de femmes des oiseaux des fleurs et des feuilles, mais la forme est bien représentative des céramiques populaires. En dessous des photos des phases de réalisations de la gravure, vous trouverez des images de céramiques réalisées par des artistes populaires connus au Mexique que j’aime particulièrement et qui font partie de mes coups de cœur.

Je vous montre si vous ne l’avez pas déjà vu sur Instagram, le petit croquis à l’origine de ce projet esquissé vite fait un matin quand je me suis levée avec cette idée fixe de faire ce projet dans les jours suivants.

 

La grande plaque de lino (environ 29 x 35 cm) où le dessin final bien retravaillé entre temps a été reporté à l’envers avec un calque et du papier « carbone » rouge, qui a l’avantage de ne pas bouger ni baver au cours des phases de gravure, quand la main passe beaucoup dessus.

 

Petit à petit, le dessin à imprimer se révèle de la plaque de lino, tous les détails sont enlevés, et reportés sur du calque pour être gravés sur de la gomme en vue des motifs complémentaires à imprimer en couleur.

 

 

 

Premier essai de couleur, en vrai c’est un rouge brique un peu plus foncé au séchage. J’ai également imprimé en bleu. J’avais montré le résultat sur une petite vidéo story sur instagram. L’avantage de ce procédé c’est que je vais pouvoir faire d’autres associations de couleurs. J’aime beaucoup celle-ci mais elle manque un peu de contraste à mon goût.

 

Les tampons à imprimer sur le motif sec

 

Le résultat final ! Prochains essais avec des tampons aux couleurs vertes et bleues

 

Voici des merveilles : les céramiques d’Aurelio Flores (1901-1987), célèbre pour ses premières réalisations d’arbres de vie en céramique aussi complexes dans les années 20 à Izùcar de Matamoros connue pour sa tradition de céramiques au Mexique. Ses créations et son art sont célèbres, il fut le pionnier et maître de l’art populaire des arbres de vie. J’aime beaucoup la naïveté des personnages et des motifs ainsi que les couleurs utilisées.

 

Son fils Francisco Flores a appris dès l’âge de 10 ans dans l’atelier de son père. Une hutte d’argile. Il continue la tradition et fait également de superbes créations, dans le même style naïf populaire que son père (c’est sublime).

le prix de ces merveilles est hélas hors budget ! En attendant je crée à ma façon des versions en gravure 🙂

 

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Inspiration japonaise pour des nouveaux tampons gravés à la main

La semaine dernière, je vous montrais mes tirages de linogravures à 4 plaques, sur le thème des figurines de papier-mâché (Hariko) japonaises. A partir de ces petites figurines en linogravure, j’ai réalisé une petite série de tampons.

Ces tampons sont en boutique, et représentent les petites figurines porte-bonheur japonaises. La tête de lion (shishi gashira), la carpe koi, le petit chien (inu hariko), le tigre (hariko no tora), le cheval (miharu goma). Ces tampons sont en petite série mais quand le stock est vendu, vous pouvez quand même les commander, il sera précisé que c’est « sur commande » et je regraverai dans un délai de quelques jours les motifs souhaités.

Je vous souhaite une très belle journée.

 

 

 

 

 

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Une nouvelle gravure pour tester ma presse

Depuis maintenant pas mal de mois, j’économise pour m’acheter une presse. J’imprimais mes gravures à la main, avec le dos d’une cuillère et quand j’avais une vingtaine de tirages à imprimer à la suite, mon épaule droite me tiraillait. L’idée d’une presse faisait son chemin, mais laquelle choisir. Le choix allait vite être fait, le budget fut un des critères les plus limitant. Je m’étais donné un montant autour de 2000 € ce qui représente déjà pour moi une somme importante. Voire très importante. J’ai donc commencé à penser à ce projet il y a un an environ.

J’ai d’abord cherché sur les sites d’occasion, les forum de gravure divers et variés. Dans l’idéal j’aurais aimé une presse à épreuve, une presse typographique, qui est la plus adaptée à de la lino ou de la gravure sur bois. Mais je n’ai pas réussi à trouver ou alors hors budget. J’ai donc orienté mon choix malgré tout vers une presse taille douce. J’ai découvert l’atelier de Chartreuse, qui fabriquait des presse, conception française, petite production, usinage dans une petite usine. l’objet était beau, mon choix fut pris. Il ne me restait plus qu’à attendre… (et économiser mes bénéfices de la boutique).

La bête fut commandée il y a quelques semaines, et elle est arrivée ! Il ne me restait plus qu’à la tester. je n’avais pas envie d’utiliser une ancienne plaque pour cela, j’avais envie d’une projet tout nouveau, bien ambitieux évidemment, ne faisons pas les choses à moitié… J’avais fait une linogravure monochrome autour des figurines de Gzhel, je n’en ai pas fait d’articles (ça viendra) mais je l’ai montré sur Instagram. J’avais envie de poursuivre dans l’univers folklorique, et j’ai pensé aux petites figurines japonaises en papier mâché (Hariko signifie papier-mâché en japonais) représentant des petits animaux porte-bonheur, ces figurines sont également utilisées comme des jouets par les enfants, ils revêtent un symbole folklorique fort, les figurines hariko font partie de l’artisanat populaire depuis plus de 400 ans ! Mon choix était fait 🙂

J’ai fait pas mal de recherches. Je n’avais pas envie simplement de dessiner des figurines mais aussi d’apprendre leur signification. J’ai dessiné, gribouillé, testé et trouvé enfin une composition à quatre couleurs d’un ensemble des ces figurines, sur une planche A3. Pour tester la presse, je me suis dit qu’un grand format s’imposait et tant qu’à faire, graver une plaque par couleur ! Oui j’ai été plutôt ambitieuse…

J’ai sélectionné différents modèles :

  • Inu hariko : Petit chien symbolisant traditionnellement la protection, gardien de la maison et de la famille.
  • Daruma : figurine talisman de voeux, symbole de persévérance et de chance, illustrant un maître zen Bodhidharma ou Daruma, qui après neuf années assis sous un arbre, reçut l’illumination.
  • Shishi gashira : ou tête de lion, petit talisman contre le mal et le malheur, la magie du lion est forte au japon
  • Miharu goma : petit cheval en bois, dont la légende lui fait avoir sauvé un général shogun Sakanoue Tamuramaro lors d’une bataille, ce petit cheval aiderait donc à protéger les enfants, et représente la vaillance du corps. J’ai également symbolisé le cheval en forme hariko.
  • Poisson koi : la carpe représente le courage et la force, à cause de sa capacité à sauter des chutes d’eau. Ce sont des valeurs que les parents souhaitent voir attribuer aux enfants, et c’est pourquoi en forme de cerf-volants, elles sont attachées devant les maisons le jour de la fête des enfants le 8 mai au japon. J’ai utilisé différentes formes, koinobori hariko et en bois.
  • Akabeko hariko : (vache rouge) : Petit animal qui protégerait les enfants des maladies. Une légende dit que lors d’une épidémie de variole des enfants ayant ce jouet ne furent pas malades.
  • Usagi hariko : (lapin) : symbole de chance
  • Le pigeon est une amulette sous forme de jouet, qui (dans la province de Kyoto) empêcherait les enfants de trop pleurer.

Voici les étapes sous forme de photos avec commentaires. D’abord les dessins préliminaires pour chercher des formes des différentes figurines.

 

J’ai ensuite dessiné les formes finales, je les ai décalquées et scannées une à une, pour travailler sous photoshop une composition finale. J’ai également choisi et testé des couleurs de cette façon. Vu l’ampleur du travail de gravure ensuite ce travail préliminaire certes long était nécessaire pour anticiper les équilibres de couleurs et formes.

 

Sur chaque plaque de lino, j’ai décalqué les zones correspondant à une couleur. Il y avait donc une plaque par couleur.

 

La phase de gravure… Je n’ai pas compté les heures mais beaucoup.

 

 

 

La presse ! Comme je l’ai expliqué, c’est une presse taille douce. Le plateau ne bouge pas quand il n’est pas sous la hauteur du lino. Dans l’idéal il faudrait que j’installe des rails de chaque côté de la longueur du plateau, pour simuler la presse à épreuve. Mais l’insertion de la plaque dans un carton de hauteur similaire fait aussi l’affaire, j’accompagne le plateau à la main jusqu’au début du carton, et le rouleau est ensuite entraîné sur la longueur de la plaque. La difficulté est de trouver la bonne pression. Trop et la feuille est marquée des détails de coups de gouges sur la plaque hors motifs, pas assez l’encre n’adhère pas bien. Et évidemment, pour faire simple, cette pression est différente suivant les couleurs ! J’ai donc 2 tirages de calage obligatoire. Mais une fois le bon équilibre trouvé, c’est un vrai plaisir !

 

J’en profite pour vous montrer ma belle acquisition… Un rouleau en durathene. Une matière qui permet un dépôt agréable homogène et juste ce qu’il faut de l’encre sur le lino. Un vrai plaisir. Je me suis offert cette merveille avec la presse. Tant qu’à me faire plaisir autant en profiter 🙂

 

Pour les petites zones en revanche, le tout petit rouleau était nécessaire, car la presse ne pardonne pas les taches d’encre en dehors des zones à imprimer, tout se voit ensuite sur le papier. Les petits ratages doivent être nettoyés au chiffon avant impression, sous risque d’avoir une impression trop salie. Des minuscules traits peuvent passer, c’est quand même un travail artisanal ! Mais trop endommage le résultat final.

 

 

La troisième couleur revèle peu à peu la composition finale. La difficulté ici est de bien positionner les couleurs, pour ne pas avoir de décalages…

Dernière couleur : le noir. J’ai testé pour cette plaque une nouvelle encre. J’utilisais des encres à l’eau (Schmincke) dont je suis très satisfaite, ou des encres à l’huile (Gerstaeker) géniales, mais longues à sécher. J’ai testé pour ce noir les encres aqua wash de Charbonnel, à l’huile mais nettoyable à l’eau. En fait, je suis conquise, j’ai juste envie de remplacer tout mes tubes par cette encre.

 

Et voilà le résultat final !! Tel que je l’imaginais. La photo ne rend pas tout à fait la densité des couleurs. Maintenant l’avantage avec plusieurs plaques, c’est que j’ai envie de tester dans d’autres gammes de couleurs.J’avais choisi dans un premier temps les couleurs traditionnelles des figurines, mais pourquoi ne pas prendre un peu de libertés ?

Je n’ai que 2 tirages corrects (sur 6 faits). Mais je crois que l’arrivée de cette presse est le début de belles réalisations. Ces petites figurines japonaises se prêteraient bien au tampon, je pense que que vais proposer une petite série de tampons « hariko » !

 

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Des confitures pour cet été

Dans la suite des jolies commandes reçues ces dernières semaines, il y a une grande série de tampons fruits pour réaliser des confitures maison, avec l’étiquette « confiture de » dans laquelle seront tamponnés les différents fruits au gré des saisons et des confitures gourmandes réalisées par ma cliente.

Il y avait une liste de fruits impressionnantes, et même des pissenlits ! Je connaissais le vin de pissenlit qui est vraiment parfumé, mais pas la confiture qui doit être intéressante !

Voici ces jolis tampons gravés et des petites étiquettes imprimées, j’imagine des rayonnages de confitures ainsi ornées, que cela doit être agréable lors de longs jours d’hiver ! J’ai eu grand plaisir à réaliser cette commande.

 

 

 

 

Tous les tampons ont été montés sur bois, je n’ai pas pris les photos avant envoi, dommage.