Ma première gravure en bois perdu

La semaine dernière, je vous ai fait découvrir un artiste et une technique qui m’ont particulièrement marqué. J’aime les gravure sur bois depuis longtemps, c’est ce qui m’a fait aller vers les tampons. Pourtant cette technique me paraissait difficile, le bois, un matériau rude, compliqué. Je regardais en attendant les gravures en rêvant. Et puis la rencontre de Claude Huart a débloqué quelque chose en moi. L’envie est revenue intensément, la force de cette technique a été plus présente et depuis je n’ai envie que de planter mes gouges dans le bois pour révéler des formes, travailler les couleurs en couches successives. Je n’ai pas eu envie de trop réfléchir au motif, j’ai dessiné une fleur sur un petit format de papier, j’ai posé des couleurs et la rose était là prête à passer sur le bois. Pour me souvenir des couleurs, j’ai reproduit au calque le dessin sur le bois, à l’envers puis peint avec des couleurs acryliques les différentes parties et j’ai commencé à enlever les éclats de bois d’une planche. Je me suis ré-équipée en gouges, celles que j’avais pour la gomme ne conviennent pas, et je n’avais pas assez de gouges de bonne qualité.

Voilà mon premier résultat. Il y a des erreurs, le résultat est une surprise, qui me plait telle qu’elle est. Sur la 20aine de premier passage, au bout du 4ème passage je n’en ai que 6 de très corrects, et 6 moyennement corrects. Cela prend du temps, demande de la patience et de la méticulosité.

J’apprends en faisant. J’aime profondément regarder la feuille que je soulève après avoir passé la cuillère sur le papier. J’ai testé avec ma presse, le résultat n’est pas satisfaisant. Je fais donc à la cuillère et ça fonctionne. Après le ré-investissement en gouges, je vais attendre mais je crois que le résultat sera plus profond en couleurs avec des couleurs d’imprimerie, telles que les utilise Claude Huart. Ce sera mon prochain cadeau.

Il y a quelque chose d’heureux qui est présent quand je travaille cette technique. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé d’avoir l’impression d’être transporté de joie. De profonde joie en réalisant quelque chose. C’est ce que je vis en ce moment, alors je suis moins présente sur le blog parfois, mais je me nourris intensément et promis je vous montre très vite le résultat, même si je tâtonne, j’expérimente, j’ose, c’est une joie et un bonheur intense ! Je montre plus de choses de façon spontanée sur mon instagram, n’hésitez pas à me suivre si vous voulez être curieux…

mon premier bois perdu la fabutineuse

 

Bois grave la fabutineuse 1

 

Bois grave la fabutineuse 2
Bois grave la fabutineuse 6 Bois grave la fabutineuse 5

 

Bois grave la fabutineuse 7

 

Une rose la fabutineuse

13 réponses sur “Ma première gravure en bois perdu”

  1. lathelize

    J’adore : c’est absolument magnifique ( et le rendu est très arts déco, je trouve).
    Même en lino, je trouve la partie encrage et impression compliquée et souvent rageante. On sent qu’il y a un vrai tour de main à acquérir.

    1. FabienneFabienne Auteur

      Merci Isabelle. Oui tu as raison la partie impression est délicate. Mais je pense que la qualité des encres et la force d’impression joue pas mal. Pour le bois, je préfère finalement à la cuillère, même si c’est très long et minutieux. Ma presse à rouleau ne convient pas vraiment. Il faudrait une presse à épreuves mais cela devient introuvable 🙁

  2. Pesk Ebrel

    Ouah c’est terrible et en même temps génial cette technique. A chaque instant, tu peux faire foirer les x premiers passages. Minutie et patience sont les maîtres mots. Mais la découverte de chaque nouvelle gravure qui s’ajoute à la première doit être jubilatoire. Et peut être parfois la frustration de n’avoir pas fait suffisamment d’impressions de la première plaque et ne pas pouvoir recommencer.
    J’ai hâte de voir ton pas à pas et tes réalisations.

    1. FabienneFabienne Auteur

      Oui si on grave à côté lors d’une 2e ou 3e gravure, tout est foutu. Mais c’est intéressant comme challenge 🙂

  3. la petite verrière

    C’est vraiment magnifique Fabienne !
    Le résultat est superbe, un peu comme une lithographie !
    J’ai déjà les gouges et cela me tente….
    J’attends avec impatience ton prochain article et Merci de nous ouvrir à toutes ces techniques.
    Tu ne vas pas abandonner les tampons, dis ? Des bises.

    1. FabienneFabienne Auteur

      Merci Claudie 🙂 Non je ne vais pas abandonner les tampons, mais là pour le moment je plonge avec délices dans cette technique. Les gouges doivent être vraiment affutées, le bois est plus dur que le lino… Bises

  4. claire

    Oh que oui, je comprends ta joie intense … la création permet ces débordements intérieurs !!!
    Je n’avais pas bien compris la technique du bois perdu, mais j’ai eu la réponse à ton commentaire à Val Lào.
    C’est encore plus difficile que la gomme, puisqu’une erreur pénalise toute la plaque ! Quel challenge …
    Pour une néophyte, ta fleur rend déjà bien, mais je comprends que pour la perfectionniste que tu es, tu dois faire encore des progrès !!!
    En tous les cas, je te dis bravo et j’aime beaucoup ta jolie carte fleur qui ressemble à un vitrail avec les bordures noires.
    Ce n’est as grave si tu es moins présente sur ton blog … le principal étant bien de te faire plaisir !!!
    Bisous.

    1. FabienneFabienne Auteur

      Merci Claire !! Je détaillerai dans mon prochaine article en début de semaine prochaine la technique, avec ma 2è réalisation 🙂 Bisous

  5. Val Làô sur la Colline

    Le résultat est vraiment joli, très différent de ce que tu fais sur gomme, plus « brut », j’aime bien. Quel boulot encore une fois ! Excuse mon ignorance, mais donc là encore, tu as fait une gravure par couleur, comme pour le brin de muguet que tu nous avais expliqué ?
    Je comprends ce que tu veux dire quand tu parles de cette jubilation à créer, c’est tellement porteur !

    1. FabienneFabienne Auteur

      Merci Valérie 🙂 Le muguet il y avait plusieurs plaques. Là, je grave le même bois plusieurs fois, la première couleur est faite sur la plaque, que je regrave ensuite et je passe la 2eme couleur. Je grave encore pour la 3eme couleur etc… D’où l’appellation « bois perdu ». Une fois terminé on ne peut plus en refaire, d’où la numérotation. Je montrerai les étapes dans le prochain article sur les gravures.

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