March meet the maker : semaine 1

Via Instagram, je participe à un challenge intitulé March meet the maker, ou encore « mars rencontre les créateurs ». Il a été crée par Joanne Hawker, et je crois qu’il y a plusieurs milliers de personnes qui le suivent partout dans le monde, c’est assez « amazing » 🙂

Je participe rarement à des challenges, mais celui-ci me parait plutôt adapté pour parler un peu de moi autrement et par des chemins un peu différents. Durant tous le mois de mars, un thème est imposé chaque jour, et l’idée ce n’est pas simplement de mettre une photo, mais bien de dévoiler un peu plus ce qui fait notre activité, qui, quoi, comment, pourquoi.

Chaque jour j’essaye de poster une photo réfléchie avant, pour parler de moi et de ce qui m’anime. J’essaye donc de réfléchir avant et de préparer même ce que je veux montrer. J’ai décidé de laisser une autre trace de ce challenge en faisant un billet par semaine sur le blog qui récapitule le challenge.

Voici donc la première semaine (ou 9 premiers jours) de ce challenge avec les thèmes correspondants, ici dans cet article je développe un peu plus les réponses aux thèmes, par rapport à ce que j’ai pu indiquer sur IG.

JOUR 1 : YOU (qui suis-je) ?

Je ne vais pas trop détailler des éléments basiques, que l’ont trouve ici, sur le blog dans l’à propos. J’y ai enlevé mon âge cette année, parce que… comment dire… passé 45 ans, je n’avais plus envie de voir ce chiffre posé de façon aussi flagrante 🙂 Je me sens jeune, mes ados me rappellent bien que je ne le suis plus tant, même s’ils me disent parfois que je fais plus jeune que la maman d’un(e)tel qui est pourtant moins âgée. Je vais cependant vous en dire un peu plus sur mon métier de « bureau ». Je suis Ingénieur en environnement coordinatrice et chef de projets, je travaille sur des projets très divers au quotidien, qui vont de suivi de programmes de recherche sur la bioéconomie, à des projets territoriaux qui mêlent des acteurs de territoire très divers comme les collectivités au monde agricole autour de l’économie circulaire. Ma fonction est également très transversale à des métiers différents (côtoyant des scientifiques, des ministères, aux services communication lors de l’organisation de séminaires). C’est très prenant, cela me demande beaucoup d’énergie et même d’investissement au quotidien. Étant en recomposition familiale, mais malgré tout « maman solo » (mon conjoint n’étant forcément pas le papa de mes enfants), même si mon conjoint est très présent au quotidien pour la maison, je gère seule ce qui concerne mes enfants pour tout ce qui est des domaines scolaires, quotidiens etc ce qui n’est pas toujours évident non plus. Vous comprendrez pourquoi j’ai fait des choix très stricts sur ce que je fais ou non ici, dans cet espace créatif. Pourquoi parfois je suis un peu absente. Il m’arrive de vouloir être à 100% sur la gravure mais est-ce que cela serait aussi libre finalement ? Peut-être pas. J’essaye d’être bien là où je suis et de prendre ce qu’il y a de bon à prendre. La photo date du mois dernier.

 

JOUR 2 : « Fav to make » ce que je préfère faire

Je disais que « étrangement » c’est graver…Pourquoi étrangement ? Parce que ce n’est pas la partie la plus importante de mon activité. Une fois le motif gravé je passe plus de temps à l’utiliser, à coudre préparer les choses faites avec le matériau (papier, tissu) imprimé. En fait, c’est la seule chose qui me fait oublier où je suis durant des heures. J’aime le mouvement de rencontre des outils avec la matière que ce soit gomme, lino ou bois.

C’est aussi pour cela que j’aime de plus en plus la gravure sur lino ou bois. J’ai envie de développer cela à l’avenir.

 

JOUR 3 : Workspace : Mon espace de travail

Cette photo date de quelques mois. Au jour du challenge, mon atelier était tellement en bazar qu’il était impossible de prendre une photo. Je suis en train de repenser mon espace. Comme je vous le disais j’ai envie de développer plus la partie gravure et je vais accueillir une presse de gravure je pense en avril mai. Mon espace de travail se compose de 2 pièces. La première est assez petite et fermée avec vue sur le jardin (et le couple de geais de moins en moins farouches). Elle est cosy et j’y suis pour graver, dessiner, écrire cet article par exemple, ou me reposer dans un fauteuil quand j’ai envie d’un peu de solitude. Voici deux petites vidéos de cette pièce prises ce week-end, et

Atelier partie 1

Atelier Partie 2

L’autre pièce a été rangée entre temps, elle est beaucoup plus grande, moins éclairée, car c’est le niveau 0 de la maison aménagé en pièces d’ateliers. J’ai donc un espace pour imprimer, scier, ranger mes matériaux (encres, papiers, tissus) et accueillir la presse bientôt. Je vous rajoute également une petite vidéo (mises dans mes stories d’instagram) de cet espace rangé ce week-end, même s’il n’est pas finalisé comme je le souhaiterais encore.

Atelier 2

JOUR 4 : tools (mes outils)

Voici les outils que j’utilise pour la gravure. J’ai acheté des gouges japonaises cette année pour la linogravure et le bois je vois la différence de travail. Ces outils sont réalisés à la main par des artisans japonais, pour le travail de gravure d’estampes.

L’artisanat demande du temps et de la réflexion. J’ai une vision du travail manuel connecté avec la nature. Je trouve que cela m’ancre dans une vie plus lente calme et posée. Travailler un morceau de lino pour en faire une image c’est suspendre le temps et faire une pause dans une bulle à l’opposé de nos vies qui filent. Les beaux outils me ramènent à cela la beauté des gestes lents. J’aime aussi utiliser les anciens outils. Mes spatules par exemple ont des beaux manches en bois patinés. C’est aussi important pour moi de travailler avec de beaux outils que le résultat final de mon travail. C’est une démarche globale de m’imprégner de cela dans mon activité. C’est aussi pour cela (et je digresse un peu mais vous ne m’en voudrez pas j’espère) que j’aime autant l’art populaire folk et les objets anciens. L’art populaire c’est l’art du peuple, de tout le monde, beaucoup d’objets d’art populaire, sont des objets du quotidien ou des outils de travail décorés pour qu’ils soient plus beaux. Ces personnes n’étaient pas artistes mais aimaient les belles choses et utilisaient ces objets au quotidien. J’aime cette démarche et cela me nourrit d’avoir des beaux outils avec lesquels je travaille.

JOUR 5 : Boomerang

Il fallait faire quelque chose avec cette application, qui filme quelques secondes d’une action et la répète à l’infini.

BOOMERANG (cliquez ici pour voir l’animation)

Le jour de ce thème était dimanche. Je me suis levée très tôt pour aller à l’atelier et il pleuvait beaucoup. Le temps était gris et sombre et devant la vitre de la cuisine, je pensais à ce que j’allais pouvoir faire avec l’application boomerang. Il fallait que cela soit lié à moi, mon activité. Les gouttes de pluie descendaient lentement sur la vitre, on entendait des bourrasques dehors alors que la maison était ultra silencieuse du sommeil des autres, j’étais la première levée un dimanche, comme souvent, pour grappiller des heures, parce que le lendemain je retournais déjà au bureau. Et je me suis dit, voilà, cela parle de moi et de mon quotidien du week-end. Me lever toujours (trop) tôt, je n’arrive pas à rester au lit, une petite voix est présente et me dit « allez tu vas faire ça et ça, tu peux avancer ça » et je n’ai plus qu’une envie c’est d’être dans l’atelier. Voici donc pourquoi vous voyez cette petite goutte de pluie qui monte et descend un jour de pluie bien gris, pour illustrer la répétition de ces moments dans ma vie de créatrice.

 

JOUR 6 : raw materials (matériaux bruts)

Les matériaux avant transformation. En gravure ils sont divers : Bois, linoléum gris ou brun (le gris contient un peu plus d’huile de lin il est moins dur que le brun) et gommes japonaises. Les encres pour l’impression. Cette façon de détailler les outils à part et les matériaux fait mettre en évidence toute la part de créativité nécessaire pour passer des uns au résultat final. C’est plutôt fabuleux de se dire que l’essentiel du process c’est la créativité en chacun de nous.

 

JOUR 7 : « How it’s made » : comment c’est fait

Plutôt que de montrer la phase gravure j’avais envie de partager le processus de réalisation, de comment on arrive au résultat final non pas par la technique, mais par l’idée.

D’où vient l’idée en somme. J’essaye souvent de vous expliquer mon processus créatif. Parce que pour moi, c’est ce qui distingue chaque personne. C’est facile de copier des motifs vus et de les présenter, de les vendre, je hurle parfois de voir des copies qui font fi des droits à l’image, qui ne sont pas respectueux des personnes qui ont passé du temps à créer cela, il y a des personnes derrière chaque création. C’est facile de refaire quelque chose qui marche ailleurs. Ce qui est plus difficile et plus risqué finalement, c’est au contraire de faire quelque chose qui n’a pas été vu, j’essaye d’appliquer cela, de créer dans un univers qui m’est propre. Quand j’ai une idée est présente souvent je cherche bien sur Pinterest (qui commence à bien regrouper ce qui existe) si ça existe, et quand je ne vois rien alors ça me plaît beaucoup de le faire. Bien sûr il y a des choses similaires dans les motifs de tampons. (je ne vais pas dire j’ai inventé le philodendron par exemple, certains motifs se voient partout et son reproduits par beaucoup c’est ainsi, ça fait partie des « basiques »). Je parle de vraies idées, comme mes gravures, bouquets en pot d’épices par exemple, mes tampons femme du monde, ou ici, présentées les gravures « art déco ».

.Je pars d’une contrainte qui va me permettre de multiplier les formes. Ici la contrainte est le style art déco en gravure + 2 couleurs + doré à la fin ». Je passe énormément de temps en travail de recherche de ce qui fait le style art déco l’historique, le style, les principes, l’histoire de l’art en somme j’aime beaucoup apprendre ces choses et inclure ces parties qui forment et cultivent mon regard d’autant plus qu’étant autodidacte je n’ai pu le faire dans une formation. Le faire par plaisir est un cadeau. Je libère ensuite cela dans des croquis pour adapter le style à ma forme sélectionnée en cherchant les couleurs en même temps. Puis j’affine et teste le résultat en dessin. Quand cela me convient je prépare les étapes de gravure et je n’ai plus qu’à dérouler mes choix retenus. Finalement le plus gros du travail est en amont et ne se voit pas pourtant j’y passe des jours !

 

JOUR 8 : Where (où j’habite) 

Depuis 20 ans, venue de Moselle nord pour mon travail de bureau, j’habite à Angers (Une ville en périphérie). Je suis à 5 minutes du centre et de la Maine, rivière méconnue car elle ne fait que 11 km avant de se jeter dans la Loire.

La douceur angevine n’est pas un mythe nous avons des étés indiens magnifiques. Je ne me sens pas plus attachée cette région, même si elle est très agréable. J’imagine même un jour vivre au bord de l’Atlantique, nous aimons beaucoup St Nazaire par exemple. 

Voilà, c’est fini pour cette première semaine.

Je vous dis rendez-vous la semaine prochaine, pour un récapitulatif de la 2ème semaine de ce challenge. Si vous voulez suivre quotidiennement mes publication, abonnez vous à mon Instagram.

A très vite.

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10 réponses sur “March meet the maker : semaine 1”

  1. Pingback: Retour des ateliers Initiation et Perfectionnement chez JUNKU | La Fabutineuse

  2. la petite verrière

    Chouette petite fenêtre ouverte sur ton univers !
    On comprend toujours mieux la démarche du créateur avec toutes ces petites touches explicatives.
    Et sincèrement, tu fais toute jeunette sur la photo !! Bises : )

  3. Muriel

    Enchantée de faire ta connaissance. Ton travail m’a vraiment fait envie et j’ai investi dans des gommes japonaises et des gouges . Ypluka mais comme les gommes japonaises ne sont pas données je vais me faire la main sur des gommes d’écoliers. Merci pour ton partage. Bonne soirée

  4. CLAIRE

    C’est très agréable de découvrir tout cela, surtout que tu te dévoiles avec beaucoup de sincérité.
    J’apprécie beaucoup ta vision de la vie, de ta passion, et même de ton travail, ainsi que la manière de présenter tout cela en photos.
    Le rangement d’un atelier est problématique pour les personnes qui touchent à tout … et je trouve difficile de se concentrer sur un seul type de bricolage !
    J’espère bien découvrir Angers un de ces jours, les photos donnent envie ….
    Bises

  5. catherine

    très intéressant, j’aime beaucoup ce que tu crées, j’adore les travaux manuels (je fais de la poterie depuis bientôt 8 ans , alors que je suis également scientifique comme toi), et je trouve tes créations superbes!
    c’est marrant, je suis également mosellane d’origine, depuis 30 ans en Bretagne!
    bon jeudi!

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