Moku hanga : Dahlias

Après l’essai d’une estampe de paysage, je ne voulais pas cumuler, devoir progresser en travail graphique et technique, j’ai donc choisi de revenir vers une composition plus « facile » (ha ha ha oui, je pensais cela, en travaillant sur ce dessin de dahlias) c’est à dire un bouquet de fleurs.

Je vais aller assez vite sur cet essai, mais je souhaite néanmoins le partager car, il fait partie de la progression, et est, en cela tout de même intéressant. Comme précédemment, j’ai reporté un dessin sur papier « transfert » à l’envers, collé sur le bois avec du liant nori. Puis gravé les différentes couleurs.

Pour cette gravure, j’ai utilisé des plaques de bois de tilleul brut, plus facile à travailler que le contreplaqué, même s’il est plus dur. Il est plus aisé de creuser autour des formes, et de dégager le motif pour l’impression.

Plein de chips de bois sur le bureau, l’avantage du bois brut non traité, c’est que ces chips vont finir au jardin !! C’est le côté naturel de la technique qui me plaît aussi.

La première impression du fond. Comme précédemment, lors de la réalisation du paysage, les couleurs étaient trop claires, j’ai foncé les encres. Sauf que le fond, du coup est un peu trop foncé. Ce qui est bien, c’est que les plaques sont là, et que je pourrais y revenir plus tard avec d’autres choix de couleurs.

J’ai également, reçu des brosses spéciales commandées au japon pour imprimer les encres (aquarelles, gouaches) sur le bois. Il est évident que d’utiliser le matériel adéquat change énormément le résultat. Mais je ne suis toujours pas satisfaite du taux d’humidité du papier. J’ai utilisé pour ce modèle un papier en fibres de bambou, pourtant conseillé par ailleurs pour cette technique. Mais cela ne me convient pas.

Pour cette gravure, j’ai dû re-graver des plaques après un premier essai. En effet, les fleurs n’avaient pas assez de relief, j’ai donc rajouté 2 couleurs.J’ai également testé 6 papiers différents sur cette gravure. J’ai acheté des feuilles spéciales en petites quantité et testé chaque papier. Comme pour chaque technique que je réalise les débuts et essais me coûtent assez cher, le temps que je trouve le matériel, le fournisseur, qui me convient. J’avais fait cela pour l’impression textile, et de nouveau j’ai cherché le support qui me convenait au vu de ma façon de faire. J’ai sélectionné au final 2 papiers qui me conviennent, ma préférence va au papier awagami japonais, chaque feuille est réalisée à la main avec une technique ancestrale avec des fibres de kozo (mûrier). Évidemment c’est le plus cher, ça ne serait pas amusant sans cela.

Je vous partage le résultat final, il faudra que je ré-essaye et je ne m’avoue pas vaincue, je commence à percevoir où sont les potentielles améliorations possibles. Le geste vient doucement, mais sûrement, mais c’est en tous les cas bien plus délicat que la technique de linogravure, tellement d’éléments entrent en jeu. Le bois, le matériel, les encres, le liant, le papier, l’humidité, les superpositions de couleurs. Chaque fois qu’une chose est comprise, il reste encore tant à apprendre.

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